C'est une des plus anciennes
chansons de France, originaire des environs de Blois. Renaud est probablement
ici un seigneur aimé de son peuple et de sa femme, mais sa royauté
est douteuse. Il existe plusieurs versions du premier vers:
"Quand Jean Renaud de guerre
revient",
"Quand Renaud de la guerre
vint"
"Le Roi Renaud, de guerre
vint"
Il y a aussi une variante
dans le deuxième vers :"Portant ses tripes dans ses mains"
Extraits MP3 :
par
Cora Vaucaire par
Yves Montand
I Quand Jean Renaud,
de guerre revient Tient ses entrailles
dans sa main. Sa mère
était sur les créneaux Qui vit venir
son fils Renaud.
II " - Mon fils
Renaud, réjouis toi, Ta femme a mis
au monde un roi." " - Ni de ma
femme, ni de mon fils Je ne saurais
me réjouir."
III " - Faites moi
vite un beau lit blanc Je n'y dormirai
pas longtemps !" Et quand ce vint
sur les minuits Le Roi Renaud
rendit l'esprit.
IV " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Que pleurent
nos valets ici ? " " - Ma fille
en baignant les chevaux, Ont laissé
noyer les plus beaux."
V " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Pourquoi j'entends
cogner ici ?" " - Ma fille
ce sont les charpentiers Qui raccommodent
les greniers."
VI " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Que chantent
les prêtres ici ?" " - Ma fille
c'est la procession Qui fait le tour
de la maison."
VII " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Quel habit prendrais-je
aujourd'hui ?" " - Prenez le
vert, prenez le gris, Prenez le noir,
pour mieux choisir."
VIII " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Ce que ce noir
là signifie ?" " - La femme
qui relève d'enfant Le noir lui est
bien plus séant."
IX " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Irais-je à
la messe aujourd'hui ?" " - Ma fille,
attendez à demain, Et vous irez
pour le certain."
X Mais quand ce
fut parmi les champs Trois pastoureaux
allaient disant: " - Voici la
femme du seignour Que l'on enterra
l'autre jour."
XI " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Que disent ces
pastoureaux-ci ?" " - Ils disent
d'avancer le pas, Ou que la messe
n'aurons pas."
XII Quand à
l'église fut arrivée Le cierge on
lui a présenté, Elle s'aperçut,
s'agenouillant La terre fraîche
sous la banc.
XIII " - Ah! dites
moi, mère, m'amie, Pourquoi la terre
est fraîche ici ?" " - Ma fille
ne peux vous le celer Renaud est mort
et enterré."