La
laitière et le pot au lait Texte
d'après La Fontaine, musique de Léon-Robert Brice, sur
un air populaire traditionnel
. Extrait
MP3 du CD "27 plus belles fables de La Fontaine"
. Extrait MP3 CD "Fables de la Fontaine en chansons"
J'ai rencontré
Pere-e-e-et-te, A-a ve-ec son-on pot au lait J'ai rencontré
Pere-e-e-et-te, A-a ve-ec son-on pot au lait Pour être
plus a-agile S'en-en allant à la ville Elle a mis ce
jour là Ses-es pe-e-ti-its sou-liers plats
Comptait en sa
pensée Tout le prix
de son lait Et se disait
Perette Avec cette recette Un cent d'oeufs
achetés Deviendront des
poulets
J'aurai bientôt
des poules Autour de ma
maison, Renard habile
ou pas ! Il me sera facile D'en vendre à
la saison Pour avoir un
cochon
Il grossit et
s'engraisse Et j'en tire
un bon prix Aussi pour l'entrecôte Je vois d'ici
qui sautent Une vache et
son veau Au milieu du
troupeau
Là-dessus,
transportée Perette saute
aussi S'en est fait,
le pot tombe Avec un bruit
de bombe Vidant sur ses
talons Lait, veau, vache,
cochon
J'ai rencontré
Perette Quittant son
pot au lait Son oeil marri
s'agite Et sa lèvre
débite Les mots qu'elle
cherche vite Pour calmer son
mari
Texte orignal
de La Fontaine :
Perrette sur sa
tête ayant un Pot au lait Bien posé
sur un coussinet, Prétendait
arriver sans encombre à la ville. Légère
et court vêtue elle allait à grands pas ; Ayant mis ce
jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple,
et souliers plats. Notre laitière
ainsi troussée Comptait déjà
dans sa pensée Tout le prix
de son lait, en employait l'argent, Achetait un cent
d'oeufs, faisait triple couvée ; La chose allait
à bien par son soin diligent. Il m'est, disait-elle,
facile, D'élever
des poulets autour de ma maison : Le Renard sera
bien habile, S'il ne m'en
laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à
s'engraisser coûtera peu de son ; Il était
quand je l'eus de grosseur raisonnable : J'aurai le revendant
de l'argent bel et bon. Et qui m'empêchera
de mettre en notre étable, Vu le prix dont
il est, une vache et son veau, Que je verrai
sauter au milieu du troupeau ? Perrette là-dessus
saute aussi, transportée. Le lait tombe
; adieu veau, vache, cochon, couvée ; La dame de ces
biens, quittant d'un oeil marri Sa fortune ainsi
répandue, Va s'excuser
à son mari En grand danger
d'être battue. Le récit
en farce en fut fait ; On l'appela le
Pot au lait.
Quel esprit ne
bat la campagne ? Qui ne fait châteaux
en Espagne ? Picrochole, Pyrrhus,
la Laitière, enfin tous, Autant les sages
que les fous ? Chacun songe
en veillant, il n'est rien de plus doux : Une flatteuse
erreur emporte alors nos âmes : Tout le bien
du monde est à nous, Tous les honneurs,
toutes les femmes. Quand je suis
seul, je fais au plus brave un défi ; Je m'écarte,
je vais détrôner le Sophi ; On m'élit
roi, mon peuple m'aime ; Les diadèmes
vont sur ma tête pleuvant : Quelque accident
fait-il que je rentre en moi-même ; Je suis gros
Jean comme devant.