Le rêve passe
Paroles: Armand Foucher, 
Musique: Ch. Helmer, G. Krier 1906 
Créée par Armand Bérard

Une chanson toute à la gloire des armées napoléoniennes, dont le souvenir glorieux restait vivace après le désastre de 1870. Un appel à la revanche aussi, avec l'espoir sinon la certitude que les soldats de demain seraient aussi vaillants que ceux d'hier, c'est à dire ceux du temps de la révolution et de l'Empire. Et toujours en toile de fond l'Alsace-Lorraine. Un immense succès à l'époque, qui en dit long à 8 ans seulement du grand embrasement de 1914...

-Extrait MP3 par André Baugé
Echantillon MP3-Extrait MP3 par Georges Elval
Existe en version Découvrez le CD Karaoké retro l'âge d'or vol 2

Les soldats sont là-bas endormis sur la plaine
Où le souffle du soir chante pour les bercer,
La terre aux blés rasés parfume son haleine,
La sentinelle au loin va d'un pas cadencé.
Soudain voici qu'au ciel des cavaliers sans nombre
Illuminent d'éclairs l'imprécise clarté
Et le petit chapeau semble guider ces ombres
Vers l'immortalité.

Les voyez vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Glorieux fous
D'Austerlitz que l'Aigle regarde,
Ceux de Kléber,
De Marceau chantant la victoire,
Géants de fer
S'en vont chevaucher la gloire.

Mais le petit soldat
Voit s'assombrir le Rêve,
Il lui semble là-bas
Qu'un orage se lève,
L'hydre au casque pointu
Sournoisement s'avance ;
L'enfant s'éveille, ému,
Mais tout dort en silence
Et dans son cœur le songe est revenu.
Les canons !
Les clairons !
Écoutez !
Regardez !

Les voyez vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Ils saluent tous
L'empereur qui les regarde.

Et dans un pays clair où la moisson se dore,
L'âme du petit bleu revoit un vieux clocher.
Voici la maisonnette où celle qu'il adore
Attendant le retour, tient son regard penché.
Mais tout à coup... Douleur ! Il la voit plus lointaine,
Un voile de terreur a couvert ses yeux bleus.
Encore les casques noirs, l'incendie et la haine,
Les voilà ce sont eux !

Les voyez vous,
Leurs hussards, leurs dragons, leur Garde,
Sombres hiboux
Entraînant la vierge hagarde.
Le vieux Strasbourg
Frémit sous ses cheveux de neige.
Mourez tambours,
Voici le sanglant cortège ;
Bientôt le jour vermeil
A l'horizon se lève
On sonne le réveil
Et c'est encor le Rêve.
Les Géants de l'An deux
Sont remplacés par d'autres.

Et ces soldats joyeux
France ... ce sont les nôtres.
Blondes aimées ! Il faut sécher vos yeux.
Écoutez, regardez,
Vos amis, les voici.
Les voyez vous,
Les hussards, les dragons, l'Armée,
Ils mourront tous
Pour la nouvelle épopée.
Fiers enfants
De la race
Sonnez aux champs,
Le rêve passe.

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