[Sol]
De
l'hôpital, vieille pratique, Ma
maîtresse [Re7] est
une ca [Sol]
tin Sa
diathèse syphili [Re7] tique Fit
perdre aux docteurs leur latin, Mais
moi, vieux pilier de l'é [Sol]
cole, Je
[Re7]
l'aime
à cause de son mal, Oui
de son mal Nous
[Sol]
sommes
unis par la vérole Mieux
que par [Re7]
le
lien conju [Sol]
gal Mieux
que par le lien [Re7] conjugal
[Sol]
Oui,
la vérole nous assemble, Sous
les mêmes lois, tous les deux, Nous
vivons, nous soufflons ensemble Plus
heureux que deux demi-dieux Nous
buvons dans un même verre, La
liqueur de Van Swieten, De
Van Swieten Et
nous nous partageons en frères Les
pilules de Dupuytren.
Nous
transformons en pharmacie Le
lieu sacré de nos amours Les
plumasseaux et la charpie S'y
confectionnent tour à tour. Tandis
qu'avec le bichlorure Elle
me fait des injections Des
injections Avec
l'axonge et le mercure Moi
je lui fais des frictions.
Délassement
de l'innocence Je
regarde chaque matin Si
quelque nouvelle excroissance Ne
vient pas orner son vagin. Tandis
qu'avec un oeil humide Elle
jette un timide regard Timide
regard Sur
mon corps que les syphilides Ont
taché comme un léopard.
Quand
nous serons las de la terre Nous
cesserons tout traitement Et
rongés par un vaste ulcère Ad
patres nous irons gaiement. Nous
nous ferons une supplique Pour
être tous les deux portés Tous
deux portés Dans
un musée pathologique A
la section des vérolés.
Cette chanson figure
sur le CD suivant Triplle CD Anthologie L'Art Paillard